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SUJET: Comment prenons-nous nos décisions ? Sujet du 02.06.2014 + restitution + 2 cartes mentales

Comment prenons-nous nos décisions ? Sujet du 02.06.2014 + restitution + 2 cartes mentales il y a 3 ans 3 mois #1

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Comment prenons-nous nos décisions ?

Le thème m'est suggéré par Science Publique, l'émission de France-Culture.
La thématique porte sur le fonctionnement du cerveau.

On peut se régaler également avec cette chronique de Xavier de la Porte : La morale des robots
Au-delà des aspects neurologiques et techniques se posent évidement des critères de choix, des ordres de priorités.

Au fur et à mesure que se déroule le débat, à nous de chercher les questions philosophiques que se posent. En attendant, je reprends ci-dessous les questions postées sur France-Culture :
- Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous réfléchissons avant de prendre une décision ?
- Pourquoi la meilleure solution nous paraît alors souvent difficile à trouver ?
- Quel rôle peut jouer l’intuition et comment définir cette étrange aptitude ?
- Dans les cas complexes, vaut-il mieux faire confiance à un ordinateur pour choisir à notre place ?
- Les professionnels de la prise de décision, les décideurs, ont-ils des pratiques particulières pour décider mieux que les autres ?
- Après cette émission serons-nous capables de prendre de meilleures décisions ?
B) Après notre débat saurons-nous réviser nos critères de décisions ?
Dernière édition: il y a 3 ans 3 mois par René G..
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Comment prenons-nous nos décisions ? Sujet du 02.06.2014 + restitution + 2 cartes mentales il y a 3 ans 3 mois #2

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Restitution résumée de quelques problématiques évoquées lors de notre débat

Qu’est-ce que prendre une décision ?
De façon classique la prise de décision s’articule entre 3 pôles :
1) Le pôle intérieur : je suis mu par une motivation.
2) Le pôle extérieur : je veux changer quelque chose, agir sur un environnement.
3) Le pôle cognitif : je mets en œuvre une réflexion, j’utilise une méthode.
En cas d’insatisfaction, ou en vue de dresser un bilan, on peut interroger tour à tour ces trois pôles :
1) Selon quelle motivation et quel schéma de pensée ai-je défini mon but ?
2) L’objectif fixé était-il en adéquation avec mon environnement ?
3) Quelles méthodes, quelles étapes, quelles réflexions ai-je mis en place pour y parvenir ?

Qu’est-ce qu’une bonne décision ?
- Elle serait alignée sur nos valeurs éthiques, le caractère réaliste de l’objectif à atteindre, et l’adéquation de celui-ci à son contexte.
- Les psychologues s’accordent à dire que, concernant nos décisions, on se rassurerait a posteriori en se convainquant d’avoir fait les meilleurs choix possibles au moment où nous les faisions.
- Dans tous les cas, quand on a fait le choix du scénario A, on ne peut pas dire ce qu’aurait pu être le scénario B.
- On peut néanmoins distinguer deux temps : l’évaluation a priori : utilise-t-on les bonnes procédures de prise de décision ? Et l’évaluation a posteriori : les conséquences qui en résultent sont-elles celles qui étaient attendues ? Suis-je en mesure de les assumer ?

Avons-nous toujours le choix ?
- On a toujours le choix, ce qu’on redoute, ce sont les conséquences qui s’en suivent.
- On note néanmoins des facteurs de contrainte morale, par exemple : se séparer de son conjoint, alors que nos enfants risquent d’en pâtir, pose la question du sens de l’engagement en tant que parent.
- Il y a des choix tragiques, au Samu Social où je travaillais, je devais suivre une grille de prise en charge pour sélectionner des personnes pouvant bénéficier prioritairement de notre soutien. J’appliquais finalement une «convention» qui me questionnait beaucoup.
Si, en dernière instance on se rabat sur un choix, ce dernier s’inscrit dans un cadre délimité dans lequel de nombreuses influences s’exercent.

A quel niveau se prend une décision ?

- Selon le neuropsychologue Antonio Damasio, on élabore nos raisonnements en fonction de schémas émotionnels, lesquels sont régis par le cerveau limbique. Nos décisions seraient, dans un premier temps, prises à notre insu, et à un niveau plus profond que celui de la raison (cortex supérieur).
- Sur le plan de la psychologie sociale, les recherches du psychologue Stanley Milgram mettent en évidence cette tendance qui consiste à se soumettre à l’autorité.
- De nombreuses recherches rendent compte également de cette tendance forte à suivre les masses, à se conformer à l’avis du plus grand nombre.
- Pour revenir aux structures du cerveau, elles indiquent que ce dernier prend constamment en compte les informations qui lui viennent de l’intérieur (comment on se sent avec la décision que l’on prend ?). Il établit ensuite des comparaisons avec les informations qui lui viennent de l’extérieur.
- Cela explique pourquoi on va toujours dans le sens qui nous convient. Intellectuellement parlant, pouvons-nous être de bonne foi ? « Je plaide coupable » (Rires).

Toutes les décisions ne se valent pas
- Les multiples choix que nous opérons dans notre quotidien définissent un rythme de vie, mais toutes nos décisions ne sont pas d’égale importance.
- Il y a celles qui n’engagent que soi, et celles qui engagent d’autres personnes.
- Il y a celles qui ont des conséquences à court terme et celles dont les répercussions se font sentir sur le long terme, voire durant toute notre vie.

Un cas d’école ?
- Je pense à ce capitaine de ferry sud-coréen qui a fait naufrage. Il s’est sauvé lui-même en laissant mourir près de trois cents enfants. Mais comment a-t-il pu faire un tel choix ?
- Seule sa peau comptait.
- Mais peut-on assumer son choix après une telle décision ? Comment ce capitaine peut-il maintenant soutenir le regard de sa propre famille, comment peut-il faire face à la colère des familles des victimes, à celle de son pays ? Qu’en est-il aujourd’hui de son code d’honneur auprès des marins ? Visiblement, son cerveau ne mesurait pas l’ampleur de ses actes.
- Il y a des conflits de valeurs qui sont en jeu, et pour les choix importants, si le bilan ne se borne qu’à nos seuls intérêts, je ne suis pas certain que cela donne à une vie, sa valeur.

Prenons-nous réellement des décisions ?
- Prenons-nous des décisions par défaut, pour échapper à quelque chose, pour éviter le pire ? Prendre une décision, n’est-ce pas, avant tout, apporter un changement à quelque chose ?
- Quand des choix sont décisifs, quand il y a trop d’inconnus, quand notre avenir est en jeu, il faut savoir penser par soi-même, et parfois contre ses déterminismes, contre ses habitudes.
- Classiquement, nous avons le choix entre « fuir et combattre ». Cependant, à l’intérieur du cerveau, le noyau de l’amygdale qui commande le réflexe de peur peut « figer » les comportements, et inhiber toute prise de décision.
- Il y a des éléments d’autodétermination intérieure qui questionne notre liberté : celle-ci est-elle fictive, ou est-elle effective ?

Décider, c’est être libre
- Selon Leibniz, la bonne décision est celle que l’on prend de façon libre, celle que l’on prend en son « âme et conscience ».
- Avons-nous seulement une âme ?
- Le problème ne porterait pas sur l’existence effective ou supposée de l’âme, mais sur ce qu’elle représente. La question serait : peut-on prendre une décision de telle sorte qu’on se sente pleinement en accord avec elle ?
- Pour prendre une décision à part entière, il y a la question de la responsabilité que l’on engage par rapport à soi et à l’autre.
- Une décision « libre » serait celle qu’on assume pleinement, en considérant autant les raisons qui nous poussent à la prendre, que les conséquences qu’on s’apprête à assumer.

Les décisions pour soi, et les décisions qui concernent autrui
- Selon que la décision à prendre implique d’autres personnes ou seulement soi-même, la responsabilité n’est pas du même ordre.
- Pour un choix collectif, le nombre de critères à prendre en compte est démultiplié.
- Les décisions pour les autres sont de plus en plus collectives. Par exemple, dans le secteur médical, et pour les maladies graves, les décisions sont collégiales. Les choix doivent être définis dans l’intérêt d’un collectif (la santé publique), au bénéfice d’une cause (la qualité des soins) et, évidement dans l’intérêt du patient.
- Un autre facteur entre en jeu : la distribution des informations. En raison de la spécialisation des connaissances, ces dernières sont détenues par de multiples personnes, et reparties en de nombreux endroits, il faut savoir réunir et consulter les informations dont on a besoin.

Les méthodes
- Est-ce que les éléments de méthodologie que l’on met en place peuvent nous aider à éviter les pièges de nos déterminismes ?
- Concernant les méthodes, celles dont les résultats se révèlent les plus dommageables seraient : s’en remettre au hasard, ou ne pas prendre de décision.
- Par contre, se référer à son intuition, notamment dans les situations d'urgences, est un bon recours si l’on est déjà expert dans le domaine de la prise de décision.
- D’autres approches comme une démarche collégiale, la prise en compte de plusieurs points de vue, l’attention portée aux personnes affectés par nos choix, permettent d’explorer un plus grand nombre d’options.
- Une bonne décision, c’est en fait une bonne procédure de délibération. Si toutes les parties ont délibéré, si elles ont pris le temps qu’il faut pour faire le tour des questions, elles sont à même de mieux assumer les choix définis, en dépit des désavantages et des conséquences possibles.
- Généralement, les prises de décision se limitent à une poignée de critères. Au-delà, on n’arrive plus à se décider. La question des priorités est importante, elles renvoient à nos valeurs de fond.

Que peut-on apprendre ?
- Dans un monde où toutes les options seraient possibles, et si la réalité ne nous contraignait pas, on prendrait les meilleures décisions.
- Entre contraintes intérieures et contraintes extérieures, qu’apprend-on vraiment des décisions que l’on prend ?
- Il y a des valeurs à court terme, des valeurs à long terme, et entre les deux, c’est notre sens de l’éthique qui est questionné.
- A quel moment suis-je en mesure de prendre une décision qui ne s’inscrit pas dans le registre de mes habitudes ?
- A quel désir d’absolu, à quel désir de perfection répondent les choix que l'on fait ?
- Quelle peur se cache derrière les choix que l’on s’abstient de faire ?
- Choisir, c’est renoncer à d’autres options. Choisir, est-ce naître au réel ?
- Choisir, c’est composer avec des frustrations.
- Nos décisions sont des révélateurs de notre manière de pensée : les décisions dévoilent ce que l’on est, et potentiellement, ce que l’on veut devenir.

Quelques remarques :
- La bonne décision n’est-elle pas précisément celle qui nous engage à bousculer le registre interne de nos choix ?
- En général, les valeurs que l’on s’efforce de construire par soi-même sont mieux assumées que celles qu’on se voit imposer par une autorité extérieure.
- Se mettre en couple, avoir des enfants, on ne sait pas si cela exprime notre être, puisque ce choix comprend des potentialités qui impliquent autrui… mais la relation peut dans certains cas conduire à modifier notre être profond.

En vrac
- On choisit un conjoint par préférence, on reste par volonté.

- Lorsqu’un chef de service doit « virer » des personnes, au nom de quelles valeurs (éthiques), de quels critères (objectifs) ou de quel intérêt (pour la satisfaction de qui ?) va-t-il le faire ?

- On suit facilement les visionnaires, ils ont l’avantage d’être clairs et de proposer des solutions toutes faites.
- Mais c’est un problème, les idéaux étant par principe subjectifs et arbitraires, ils n'ont donc aucune consistance par eux-mêmes, le visionnaire se sent justifié par les foules qui le suivent.

On en avait parlé : les 4 idéal-types du sociologue Max Weber
Max Weber a défini quatre grands modèles d’actions (idéal-type) se rapportant aux comportements humains :
1) Le modèle du héros (on agit d’après une référence idéale, par altruisme, pour le bénéfice du groupe, ou par sacrifice pour ce dernier)
2) Le modèle traditionnel (on suit les us et coutumes, on se conforme aux références de son groupe d’appartenance)
3) Le modèle intéressé (on se définit d’après le calcul des intérêts les plus avantageux pour soi)
4) Le modèle pulsionnel (on agit sur un coup de tête, on ne détecte pas la logique de l’action définie).
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Comment prenons-nous nos décisions ? Sujet du 02.06.2014 + 2 cartes mentales il y a 3 ans 3 mois #3

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Lionel Naccache est neuro-scientifique, on trouve ici une conférence sur son dernier bouquin :
Un sujet en soi, Les neurosciences, le Talmud et la subjectivité
Si vous vous intéressez au cerveau, vous aimerez cette vidéo, durée 1h12.
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Comment prenons-nous nos décisions ? Sujet du 02.06.2014 + 2 cartes mentales il y a 4 mois 4 semaines #6

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Des recherches récente (2017) en neuroscience font état de 3 modalités de la personnalité qui interviennent dans la prise de décision.

1° La prudence.
2° L'impatience.
3° L'économie pour le moindre effort.

1° La prudence s'apparente à un mode "réfléchi"
2° L'impatience à l'impulsion.
3° Et l'économie pour le moindre effort, à un manque de stimuli.

Où vous reconnaissez-vous ?
1° Si vous êtes prudent, il convient encore de "bien penser".
2° Si vous êtes impatient, il convient de contenir votre impatience et les risques que vous encourrez.
3° Si vous êtes partisan du moindre effort, il est possible que vous n'ayez pas appris à voir le sens et le plaisir de l'effort. En bref, c'est un manque de stimuli pour la vie en général qui est souvent associé au manque de gratification/récompense pour les efforts produits.
Dernière édition: il y a 4 mois 4 semaines par René G..
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