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SUJET: Sommes-nous libres en raison de l’ignorance des causes qui nous déterminent ?

Sommes-nous libres en raison de l’ignorance des causes qui nous déterminent ? il y a 1 mois 1 jour #1

  • René G.
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C’est l’une des idées qu’exprime Spinoza.

« Une pierre reçoit d’une cause extérieure qui la pousse une certaine quantité de mouvement, par laquelle elle continuera nécessairement de se mouvoir après l’arrêt de l’impulsion externe. Cette permanence de la pierre dans son mouvement est une contrainte, non pas parce qu’elle est nécessaire, mais parce qu’elle doit être définie par l’impulsion des causes externes (…)
Concevez maintenant, si vous le voulez bien, que la pierre, tandis qu’elle continue de se mouvoir, sache et pense qu’elle fait tout l’effort possible pour continuer de se mouvoir. Cette pierre, assurément, puisqu’elle n’est consciente que de son effort, croira être libre et ne persévérer dans son mouvement que par la seule raison qu’elle le désire. Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent. Un enfant croit librement appéter le lait, un jeune garçon irrité vouloir se venger et, s’il est poltron, vouloir fuir. Un ivrogne croit dire par un libre décret de son âme ce qu’ensuite, revenu à la sobriété, il aurait voulu taire. ” (Spinoza. Lettre 58 à Schuler. 1674)

Kant porte l’idée de liberté plus loin, puisqu’il la situe au-delà des désirs et des passions.

« Supposons que quelqu’un affirme, en parlant de son penchant au plaisir, qu’il lui est tout à fait impossible d’y résister quand se présentent l’objet aimé et l’occasion : si, devant la maison où il rencontre cette occasion, une potence était dressée pour l’y attacher aussitôt qu’il aurait satisfait sa passion, ne triompherait-il pas alors de son penchant ? On ne doit pas chercher longtemps ce qu’il répondrait. Mais demandez-lui si, dans le cas où son prince lui ordonnerait, en le menaçant d’une mort immédiate, de porter un faux témoignage contre un honnête homme qu’il voudrait perdre sous un prétexte plausible, il tiendrait comme possible de vaincre son amour pour la vie, si grand qu’il puisse être. Il n’osera peut-être assurer qu’il le ferait ou qu’il ne le ferait pas, mais il accordera sans hésiter que cela lui est possible. Il juge donc qu’il peut faire une chose, parce qu’il a conscience qu’il doit la faire et reconnaît ainsi en lui la liberté qui, sans la loi morale, lui serait restée inconnue. »
Kant, Critique de la raison pratique (1788. Trad. Picavet, p. 30.)

Ainsi, selon Kant, l’homme qui résiste à une passion par peur des conséquences de la loi ou d’une quelconque menace, n’est pas vertueux, il est éventuellement prudent. En revanche, si l’on rechigne à nuire à des innocents au point d’en risquer sa vie, signifie pour Kant, que l’on porte en soi une morale. En conséquence, notre liberté consiste davantage à trouver cette loi morale en soi, plutôt qu’à se laisser déterminer par ses désirs. Cette approche est contre intuitive, car nous n'avons pas en nous de morale, comme il y a des étoiles dans le ciel.

Des questions :
A quelles conditions peut-on se penser libre ?
Porter un gilet jaune, est-ce manifester sa liberté ?
Aimer, ne pas aimer, est-ce témoigner de sa liberté ou suivre les déterminations de nos inclinations ?

Autres citations :
Deux choses remplissent le coeur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. Ces deux choses, je n'ai pas besoin de les chercher et de les conjecturer comme si elles étaient enveloppées de ténèbres ou placées dans une région transcendante en dehors de mon horizon ; je les vois devant moi et je les rattache immédiatement à la conscience de mon existence.
Kant. Critique de la raison pratique. (Conclusion)

"Je peux faire ce que je veux : je peux, si je veux, donner aux pauvres tout ce que je possède, et devenir pauvre moi-même – si je veux ! – Mais il n’est pas en mon pouvoir de le vouloir, parce que les motifs opposés ont sur moi beaucoup trop d’empire. Par contre, si j’avais un autre caractère, et si je poussais l’abnégation jusqu’à la sainteté, alors je pourrais vouloir pareille chose ; mais alors aussi je ne pourrais pas m’empêcher de la faire, et je la ferais nécessairement – Tout cela s’accorde parfaitement avec le témoignage de la conscience « je peux faire ce que je veux », où aujourd’hui encore quelques philosophâmes sans cervelle s’imaginent trouver la preuve du libre arbitre, et qu’ils font valoir en conséquence comme une vérité de fait que la conscience atteste."
Shopenhauer. Essai sur le libre arbitre (1894, p.81).

"Je ne puis prendre ma liberté pour but, que si je prends également celle des autres pour but.
Sartre. L'existentialisme est un humanisme. (1946, p. 70)

Quelques ressources :
- Sommes-nous libres de faire le bien ? Mickaël Foessel invité des Chemins de la philosophie. France Culture (et toute la série sur Kant ici).
- Liberté et nécessité chez Spinoza. Simone Manon.
Dernière édition: il y a 3 semaines 4 jours par René G..
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