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SUJET: Question à partir d'un texte de Claude Lévi-Strauss, sur le site Tribunal Animal. Sujet pour lundi 08.10.2018+ un bref compte-rendu.

Question à partir d'un texte de Claude Lévi-Strauss, sur le site Tribunal Animal. Sujet pour lundi 08.10.2018+ un bref compte-rendu. il y a 2 mois 1 semaine #1

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Bonjour,

Pour notre prochain débat, partons des questions que vous suggère le texte de Claude Levi-Strauss ci-dessous :


"En isolant l'homme du reste de la création, en définissant trop étroitement les limites qui l'en séparent, l'humanisme occidental hérité de l'Antiquité et de la Renaissance l'a privé d'un glacis protecteur et, l'expérience du dernier et du présent siècles le prouve, l'a exposé sans défense à des assauts fomentés dans la place-forte elle-même.
Il a permis que soit rejetées, hors des frontières arbitrairement tracées, des fractions chaque fois plus prochaines d'une humanité à laquelle on pouvait d'autant plus facilement refuser la même dignité qu'au reste, qu'on avait oublié que si l'homme est respectable, c'est d'abord comme être vivant plutôt que comme seigneur et maître de la création : première reconnaissance qui l'eût contraint à faire preuve de respect envers tous les êtres vivants."
Allocution de Claude Levi-Strauss à l'UNESCO en 1971
"C'est maintenant (...) qu'exposant les tares d'un humanisme décidément incapable de fonder chez l'homme l'exercice de la vertu, la pensée de Rousseau peut nous aider à rejeter l'illusion dont nous sommes, hélas ! en mesure d'observer en nous-mêmes et sur nous-mêmes les funestes effets. Car n'est-ce pas le mythe de la dignité exclusive de la nature humaine qui a fait essuyer à la nature elle-même une première mutilation, dont devaient inévitablement s'ensuivre d'autres mutilations ?
On a commencé par couper l'homme de la nature, et par le constituer en règne souverain; on a cru ainsi effacer son caractère le plus irrécusable, à savoir qu'il est d'abord un être vivant. Et, en restant aveugle à cette propriété commune, on a donné champ libre à tous les abus. Jamais mieux qu'au terme des quatre derniers siècles de son histoire l'homme occidental ne put-il comprendre qu'en s'arrogeant le droit de séparer radicalement l'humanité de l'animalité, en accordant à l'une tout ce qu'il retirait à l'autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d'autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d'un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l'amour-propre son principe et sa notion."
Anthropologie structurale, Claude-Lévi-Strauss. Vu dans le site : Tribunal animal.

Méthode :
- On lit le texte.
- On récolte les questions.
- On organise les questions par ordre de traitement (du général vers le particulier ou l'inverse) ou on soumet à un vote la question qui sera débattue.

Des ressources autour de la relation entre l'homme et l'animal
- De l'animal considéré comme un individu. Elisabeth de Fontenay et Eric Baratay invités d'Alain Finkielkraut. Répliques
- L’antispécisme, retour sur une révolution philosophique. Peter Singer invité d'Oliver Gesbert. La Grande Table.
- L'antispécisme est-il un humanisme ?. Du Grain à moudre. France Culture.
- "Gaspard de la nuit", ce frère handicapé qui habite l’œuvre d'Elisabeth de Fontenay. Répliques. Emission dans laquelle est lu l'extrait du texte de Levi-Strauss.
- Ce que ressentent les animaux. Doc Arte.
- Monde Festival : demain, tous végans ? Conférence débat.


A lire :
- «Antispéciste», le plaidoyer d'Aymeric Caron, passé à la moulinette des philosophes. Article Le Temps.
- Peter SInger. Compte-rendu d'une conférence dans le Tribunal Animal.
- Comment l’idée d’égalité hommes/animaux fait son chemin dans le débat public. Slate.
- Souffrance animale. Encyclo-philo
- L'animal. Encyclo-philo.
- Explication d'un extrait de texte de Rousseau sur le rapport entre l'homme et l'animal. Philo-licorne.
- L'homme et l'animal. Encyclopédie de l'Agora.
- Le statut philosophique de l’animal : ni homme, ni objet. . Article de Georges Chapouthier dans Le Cairn.
- Vegan-France. Le site français.
Dernière édition: il y a 2 mois 5 jours par René G..
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Question à partir d'un texte de Claude Lévi-Strauss, sur le site Tribunal Animal. Sujet pour lundi 08.10.2018 il y a 2 mois 5 jours #2

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Quelques éléments d'un compte-rendu suite à notre débat B)


Nous étions peu nombreux à ce débat (moins d'une dizaine). Nous pensions qu'il allait attirer du monde et des passions, mais ce ne fût pas le cas. Le débat fut, par ailleurs, très intéressant. En petit comité, la possibilité d'approfondir les idées ou une position particulière se trouvent souvent facilitée. :cheer:

L'idée générale du texte est à comprendre ainsi : en nous coupant du monde animal, nous sommes-nous coupés de nous-mêmes (en tant que personne), et glissons-nous vers cette pente où, inexorablement, nous nous coupons des autres et de minorités de plus en plus nombreuses de l'humanité ?

Définition du mot "glacis" :
- en peinture, le glacis est une couche de couleur lisse et transparente ;
- en géomorphologie, le glacis est une surface plane en légère pente ;
- dans le domaine militaire, le glacis est un terrain découvert autour d'une fortification ;

L'idée de "place forte" renvoie à la conscience de notre humanité, au droit humain, aux idéaux du siècle des Lumières.

Questions suggérées par les participants
- Le respect que l'on doit aux personnes doit-il être fonction d'une hiérarchie (statut social, salaire, utilité sociale, créativité, etc;) ?
- L'espace humaine est-elle invasive et destructrice ?
- Quelles seraient les failles de cet humanisme, concept pourtant positif, qui conduiraient l'humanité/l'homme à se couper d'elle-même (le priverait d'un glacis protecteur) ?
- Les philosophies de Foucault, Nietzsches, Schopenhauer, Heidegger, ... évacuent la singularité du sujet pour le constituer comme agent (véhicule) de la société. Question : lorsqu'on porte atteinte à l'idée du sujet (le sentiment d'existence du "je", de l'individu, lequel ne s'est pas toujours perçu comme sujet), celui-ci ne finit-il pas toujours par renaître de ses cendres ?
- Nous faut-il assumer notre contradiction et notre propension à l'hégémonie ?
- Peut-on avoir une définition de l'humanisme ?
- Peut-on isoler l'homme de la "création" (de son environnement socio-culturel), de la nature et de l'histoire de la planète ?
- Que faut-il comprendre de l'humanisme corrompu ? (Aurait-il chuté quelque part ?)
- En quoi la dignité humaine rendrait nécessaire le respect que l'on "devrait" aux animaux ?
Dernière édition: il y a 2 mois 5 jours par admin.cafesphilo.org.
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