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SUJET: La maladie nous enseigne-t-elle quelque chose ? (Ruwen Ogien), sujet à débattre le lundi 15.05.2017 + compte-rendu + un schéma

La maladie nous enseigne-t-elle quelque chose ? (Ruwen Ogien), sujet à débattre le lundi 15.05.2017 + compte-rendu + un schéma il y a 2 semaines 2 jours #1

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La maladie nous enseigne-t-elle quelque chose ?

Dans une pièce, Mars, de Fritz Zorn (1977), un jeune Suisse issu d’une bourgeoisie austère et conventionnelle, porte un regard sur le cancer qui l’a atteint « la question du cancer se présente d’une double manière : d’une part, c’est une maladie du corps, dont il est bien probable que je mourrai prochainement, mais peut-être aussi puis-je la vaincre et survivre ; d’autre part, c’est une maladie de l’âme, dont je ne puis dire qu’une chose : c’est une chance qu’elle se soit enfin déclarée. Je veux dire par là qu’avec ce que j’ai reçu de ma famille au cours de ma peu réjouissante existence, la chose la plus intelligente que j’ai jamais faite, c’est d’attraper le cancer. » 

La réflexion du personnage est certainement choquante. Comment peut-on, d’une part, s’attribuer l’intelligence d’attraper une maladie et, d’autre part, estimer qu’il s’agit là d’une chance ?

Mais pour Ruwen Ogien (philosophe), cette pensée n’est pas aussi rare qu’on pourrait le croire. Elle réside au cœur d’une idéologie, le dolorisme, dont l’influence est encore présente, y compris dans la pratique médicale. À l’origine, il y a les questions que l’on ne manque pas de se poser, quand on est atteint d’une grave maladie, sur le « sens » de celle-ci. « Un accident dont je ne suis aucunement responsable ou une atteinte plus ou moins volontaire à moi-même ? […] Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ?… » Des interrogations touchant à la « métaphysique “existentielle” ».

Pour Ruwen Ogien : « Le dolorisme insiste sur les bénéfices intellectuels et moraux que nous sommes censés pouvoir tirer de la souffrance et de la maladie : détachement à l’égard de la vie matérielle, plus grande disponibilité à penser, à s’élever spirituellement, à se perfectionner personnellement, etc. » 
Mais par ailleurs, le philosophe (décédé ce 4 mai 2017 d’un cancer), la maladie, par elle-même, n’enseigne rien.

Ouvrons le débat sur cette question : la maladie nous enseigne-t-elle quelque chose ?

Ressources à écouter
- La maladie aurait-elle des vertus ? Ruwen Ogien invité d'Etienne Klein dans la Conversation scientifique. France Culture
- La maladie, entre drame intime et comédie sociale. Ruwen Ogien, invité d'Olivia Gesbert, la Grande Table. France Culture.
- Y a-t-il un dolorisme chrétien ? Vidéo de 1mn. Enthoven.

Ressources à lire
- Peut-on philosopher en souffrant d'un cancer ? Les leçons de Ruwen Ogien. Les Inrocks
- Mes mille et une nuits. Ruwen Ogien, Google book.
- Souffrance et douleur. Autour de Paul Ricoeur. Recensions philosophiques.
- Souffrir sans dolorisme. Revue de presse et hommage au philosophe. Politis.
- Le sens de la souffrance. Serge Carfantan. Philosophie et spiritualité.
Dernière édition: il y a 1 semaine 3 jours par René G..
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La maladie nous enseigne-t-elle quelque chose ? (Ruwen Ogien), sujet à débattre le lundi 15.05.2017 il y a 1 semaine 4 jours #2

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Compte-rendu
La maladie nous enseigne-t-elle quelque chose ?

- Environ 25 personnes étaient présentes.
- Par rapport à cette thématique, les témoignages personnels étaient plus nombreux, sans trop d’étalage toutefois, que lors de précédents sujets.
- Il y avait notamment quelques personnes nouvelles, ou moins habituées à la pratique de notre café philo, mais elles se sont bien exprimées.

Une synthèse
La distinction entre douleur et souffrance est évoquée, ces deux termes pour nommer le «mal » relèvent d’instances différentes. La douleur est attachée au corps, la souffrance à l’émotion, à la psyché. Si l’on peut soulager les douleurs du corps, la souffrance psychique (l’isolement dans lequel on se sent) est plus complexe à gérer. On n’opposera pas, néanmoins et de façon radicale, douleur et souffrance en ce sens que des douleurs (non désirées, liées à des maladies) mettent en résonance de façon privilégiée nos souffrances.

La maladie, en tant que tel, n’enseignerait rien vraiment. En revanche, les bouleversements qu’elle occasionne sont potentiellement riches d’enseignement sur plusieurs plans :
- Un rapport à la connaissance de soi.
> Je découvre qui je suis lorsque je suis souffrant (comment je me comporte, comme je gère ma souffrance, de quel type est ma souffrance, ce qu’elle dit de moi….)
- Un rapport aux proches.
> Le regard que les proches posent sur moi, comment on cherche à se positionner, à écouter, ou à s’éviter.
- Le rapport à la mort.
> Comment je m’approprie l’idée de ma propre fin, ce qui relève de l’essentiel, du précieux. Comment je considère l’urgence d’être soi, ce qui relève des valeurs que je tiens en plus haute estime.
> Rapport à la société.
Ce que la société dit de la maladie, de la souffrance. Le discours social et médical qui s'impose au patient.

Quelle est la durée et la validité de l’enseignement de la maladie ?
C’est une question que Marie France a posée, et il y a le sentiment que les personnes oublient assez rapidement les « enseignements » contractés sous la menace de la maladie.
Il semble aussi que pour certaines personnes, rien ne change vraiment après une longue maladie. Tout au plus sont-elles plus franches, plus directes avec leur entourage lors de la maladie, mais les anciennes habitudes reprennent place dès la convalescence terminée.

Mickael (un participant): Ruwen Ogien n’aurait rien appris de sa maladie. Il a au moins appris qu’il n’y avait rien à apprendre.

Si la maladie ne nous apprend rien en tant que tel, qu’en est-il de la souffrance ?
Aujourd’hui, le parti pris de la médecine est de considérer que toute douleur est à soulager. Mais les souffrances, faut-il les écouter, ont-elles quelque chose à nous apprendre sur nous-même ? Si oui, jusqu'où faut-il les écouter ? Faudrait-il, à l'instar des douleurs, les soulager sans trop se questionner ?
La question reste ouverte, à partir de quel moment les souffrances deviennent-elles inutiles, nuisibles, peu profitables à notre maturité ? Quelles sont les souffrances intérieures qu'il nous faut connaître pour ne plus avoir peur de soi ?
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