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SUJET: Renonçons-nous trop vite à l’amour ? Sujet à débattre ce lundi 20.02.2017 + Compte-rendu + schémas

Renonçons-nous trop vite à l’amour ? Sujet à débattre ce lundi 20.02.2017 + Compte-rendu + schémas il y a 8 mois 2 jours #1

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Renonçons-nous trop vite à l’amour ?

Il n’y a pas que le monde économique et politique qui est en crise, l’amour l’est aussi. Sa dimension d’infini, d’élévation, d’engagement vers lesquels on espérait être transporté, s’étiole, se fragilise.

Questions autour de :
- Ce à quoi il ne nous permet pas d'échapper.
- Ce que transforme l’amour, ce que permet son concept.

Citations à questionner :

- Aimer, c'est préférer un autre à soi-même.
Paul Léautaud

- Aimer, c'est mourir en soi pour revivre en autrui. 
d'Honoré d’Urfé

- Aimer c'est donner raison à l'être aimé qui a tort. 
Charles Péguy

- Aimer, c'est jouir, tandis que ce n'est pas jouir que d'être aimé. 
Aristote

-« Tu m’as toujours apporté plus, tu as été ma chance de vie, comment ne pas t’aimer davantage ?
Dernière lettre de François Mitterrand (peu de temps avant sa mort) à Anne. Dans Lettres à Anne.

Ressources à écouter
- Conversation sur l'amour. Paul Audi et Francis Wolf invités dans Répliques. France Culture.
- Histoire de couples. Michel Bozon, Alexandre Postel invités dans Répliques. France Culture.
- Peut-on définir l'amour ? Conférence de Francis Wolf. ENS.
- Le secret du désir dans la relation à long terme. Conférence Ted d'Estel Perel
- La révolution de l'amour : l'invention du mariage d'amour et de la famille moderne. France Culture

Ressources à lire
- Une "vraie" définition de l'amour. Psychologie d'aujourd'hui.
- Une philosophie nouvelle de l'amour pour le XXIème siècle. Sciences Humaines.
- L'amour, un concept clé en axiologie. Cyril Arnoud. Philosophe
- L'amour, quatre leçons du philosophe Nicolas Grimaldi. Un synthèse de Isabelle Cloutier dans Revue.
- L'amour selon Platon et Spinoza. Par André Comte-Sponville.
- Eloge de l'amour. Alain Badiou. La revue de presse Philomag.
- Jusqu'où l'amour nous transforme ? Psychologie.
Dernière édition: il y a 7 mois 3 jours par René G..
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Renonçons-nous trop vite à l’amour ? Sujet à débattre ce lundi 20.02.2017 il y a 8 mois 1 jour #2

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J'ai de gros doutes sur cette notion d'amour, je crains que ce ne soit qu'un prétexte pour cacher notre bestialité. Par exemple, comment aimer une femme et lui demander de faire un enfant, alors qu'elle risque sa vie en le faisant? Comment dire à son enfant qu'on l'aime alors qu'on lui a proposé sans vergogne une vie de souffrance et la mort pour terminer, et l'enfer éventuel pour les croyants? Comment aimer ses parents qui ont risqué notre vie, la fabrication de notre existence, pour leur service personnel comme si nous n'étions que des bébés-médicaments pour leur psychopathologie, à moins que ce ne soit pour le service social? Comment expliquer ce monde si l'amour était effectif, et pourtant on entend parler d'amour tous les jours et partout comme si la planète était centrée sur cette notion? Nos idéologies ont-elles plus de valeur que le handicap de naissance d'un enfant, ce qui est toujours à craindre à chaque naissance, mais bien plus pour l'enfant que pour les parents?
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Renonçons-nous trop vite à l’amour ? Sujet à débattre ce lundi 20.02.2017 il y a 7 mois 3 semaines #3

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Les difficultés que tu soulèves, Berlherm, sont réelles ! Cela aide à problématiser ce sujet.

Il n'en reste pas moins que l'amour est un sentiment puissant, dont la réalité est attestée par cela même, et que chacun peut ressentir au fond de lui. Il peut déboucher sur un désastre, comme par exemple donner naissance à un enfant dont la vie ne sera en effet que souffrance, mais je dirais que c'est plutôt la valeur de l'existence qui est alors en cause, et non celle de l'amour.

Le sujet "renonçons nous trop vite l'amour" suggère que nous aurions tendance à fuir ce sentiment pour prendre en compte d'autres facteurs dans une relation (le pur désir charnel, l'argent ou la respectabilité dans le mariage de raison etc).

Un sujet intéressant !
Dernière édition: il y a 7 mois 3 semaines par Naïade.
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Cet utilisateur a été remercié pour son message par: René G.

Renonçons-nous trop vite à l’amour ? Sujet à débattre ce lundi 20.02.2017 il y a 7 mois 3 jours #4

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Compte-rendu
Renonçons-nous trop vite à l'amour ?

Ambiance
- Plus de 35 personnes étaient présentes, dont près d’une dizaine venait pour la première fois.
- Le rappel de quelques règles, l’attention de Cecilia à bien distribuer la parole, le fait que les participants s’efforcent de construire un débat, cette dynamique d’ensemble contribue à une bonne tenue des échanges. Ajoutons encore que, certains participants, habitués de longue date, s’inscrivent naturellement dans le jeu de la modération (reformulation de certaines problématiques), cela renforce l’effet structurant du débat, et m’autorise, en tant que responsable, à interagir sur le même plan que tout autre participant.

Contexte de la question
Les sociologues observent que, aujourd’hui, les relations d’amour s’engagent avec le préalable selon lequel : ça ne dure pas toujours. Les participants, et parmi eux les jeunes, confirment également ce sentiment général : l’amour devient un « consommable ». On change, on jette au moindre problème et, comme les applications réseaux multiplient les possibilités de rencontres, personne ne semble vouloir s’attarder sur des relations dès qu’elles dysfonctionnent.
Pourtant, personne ne se satisfait non plus de cette situation, elle laisse comme un malaise, plane dans l’air comme un sentiment de résignation, parfois celui d’un relativisme désabusé que recouvre mal un peu d’amertume. Mais précisément, ces états d’âme témoignent-ils déjà d’une forme de renoncement à l’amour ? Renonçons-nous trop vite à aimer ?

Trop tôt ou trop tard ?

- A l’idée de renoncer trop tôt à l’amour correspond également l’idée d’y renoncer trop tard. Comme si, sur la base d’une volonté invétérée, on s’évertuait à faire perdurer, en vain, une relation par trop décevante.
- Du renoncement précoce à aimer (immaturité, on part pour le moindre problème), on passerait ainsi au :
1° renoncement tardif à aimer (on s’évertue à aimer en vain, et la relation reste décevante),
2° puis au « non renoncement » (on espère sans fin, comme une activité réflexe, comme pour ne pas désespérer de tout).
En effet, partant du constat que les relations sont décevantes, on peut vouloir se sur-stimuler, on se dit qu’il y aura toujours d’autres occasions, que ce sera mieux ailleurs, on estime n’avoir pas rencontré la bonne personne.

> En fait, il ressort qu'on décroche de la réalité, on croit en l’amour comme le dévot croit aux dieux de ses ancêtres. Conséquence, on attend, on se disperse, on assume une relative désespérance entre deux timides éclaircies, et peut-être que l’on s’habitue au « non amour », un peu comme on s’habitue au silence de Dieu, sans renoncer pourtant à croire en Lui.
Se posent des questions sur les raisons de cette persistance stérile dans la quête d’aimer :
- devenons-nous trop exigeant par rapport à l’autre ?
- demandons-nous à l’amour plus qu’il ne peut donner ?
- Supposons que, ni l’amour ni l’autre ne soient cause des problèmes évoqués, est-ce moi alors, en tant que sujet, que je dois questionner ?

La troisième voie, et le rapport à soi-même

De cette troisième voie, qui implique un travail sur soi, peut émerger des apprentissages, des prises de conscience tirés de nos l’expériences.
Ces prises de conscience peuvent se rapporter à trois grands axes :
- 1° celui de la capacité à apprendre et à coopérer avec son partenaire : ai-je appris à respecter mon partenaire, et à me respecter ? Ai-je appris à communiquer avec bienveillance avec lui/elle? Faut-il que je m’oublie un peu, ou au contraire, faut-il que j’apprenne à mieux exister dans la relation pour apprendre à mieux coopérer avec autrui ?
- 2° Celui de la connaissance de soi : mes jugements m’enferment-ils dans mon propre monde ? Quelles sont mes limites, quelles sont mes peurs ? De quelles influences suis-je le produit ?
- 3° Celui du questionnement existentiel : la vie a-t-elle un sens si l’amour semble ne pas en avoir ?


De l’être-désir à l’être-sujet
En fait, une participante en a exprimé l’idée, il s’agit de passer de l’être-désir à l’être-sujet.
L’être-désir, c’est l’idée que nos désirs s’imposent à nous-mêmes comme à autrui. C’est comme si nous souhaitions que l’autre soit l’objet de nos désirs (qu’il soit une copie de ce que nous attendons de lui/elle), autrement dit, que l’autre ne s’exprime pas en tant que sujet autonome, disposant de sa liberté de conscience, mais en tant que reflet de nos désirs.
De son côté, la notion de l’être-sujet porte en elle l’idée que chacun s’inscrit dans un devenir. La clé de l’histoire serait de pouvoir se situer sur le chemin de ce devenir, de saisir en conscience la destinée que l’on se crée.

En résumer :
Renonçons-nous trop vite à l’amour ? Oui et non selon que nous nous égarons peu ou prou dans les méandres d’un questionnement non structuré. Non, si l’expérience amoureuse conduit à l’émergence d’un soi perçu comme sujet, impliqué dans un devenir soi en travail, et qui s’efforcerait de se représenter son cheminement.

Questions suivantes
Quelle direction donner à sa vie ? Comment articuler vie de couple, vie pour soi, vie en société, vie professionnelle ?

Un résumé sous forme de schémas
Cliquer ici si l'image ci-dessous n'est pas nette.
Dans un premier temps, aimer est entendu comme le besoin de satisfaire
un désir d’intimité infini. Ce besoin rencontre bientôt des limites
qui conduisent à des formes de renoncements, ou d’errance.
Voir paragraphe : trop tôt ou trop tard ?
Dans un second temps, aimer est entendu comme le fait de s’engager dans une relation
qui transforme autant soi que l’autre.
Le regard que l’on porte sur soi et sur l’autre évoluera aussi.
Pour amorcer un changement de façon authentique et conséquente,
chacun doit devenir sujet de lui-même,
et ne plus réduire l’autre à n’être seulement que l’objet de ses désirs

Cliquer ici si l'image n'est pas nette.


Cliquer ici si l'image ci-dessous n'est pas nette.
Dans un 3ème temps, éventuellement, selon la capacité de chacun à devenir sujet de lui-même :



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